16 septembre 2009

Fête de « l’Huma » : que dire ?

Que dire ? Que dire de la fête de l’Humanité, version 2009 ? Que dire de cette manifestation si populaire, si chaleureuse, abandonnée cette année aux huées et aux sifflets ? Que dire de cette journée de tolérance, d’amitié, de fraternité et d’humanité… lorsqu’elle revêt le cuir noir de l’intolérance et de l’insanité ? Qui sont-ils, ceux qui ont bouté hors de ce grand rassemblement les invités de ce dimanche, pourtant conviés à débattre par les organisateurs communistes ? Une frontière existe, mais où se situe-t-elle ? Quelle est la part de colère légitime à l’égard d’un gouvernement qui peut décevoir, et quelle est la part d’idéologie politique exprimée ? Qui sont ces gens surexcités qui, paraphrasant Nicolas Sarkozy, hurlent « casse-toi pauvre con ! », réduisant au silence deux ministres de la République, Eric Woerth et Frédéric Mitterrand ? Ouvriers écoeurés, salariés « à bout de nerf » ? Ou agitateurs publics qui ont fait de ce rendez-vous traditionnel une zone de « non-droit » pour ceux qu’ils considèrent comme des opposants politiques ? « Mitterrand vendu ! » Qui sont-ils, ces insurgés que personne, pas même les représentants de leur famille politique, ne sont parvenus à calmer ? « Mitterrand social traître ! » Toujours cette vieille rengaine !

Etait-ce l’expression d’un « trop plein » de désir d’humanité ou d’un « trop plein » d’agressivité ? Difficile de juger ! Alors que dire ? Et bien dommage, tout simplement. Dommage, car les débats de la « fête de l’Huma » ont perdu leur sens ! Dommage, car ce flot d’insultes à l’égard des ministres de la Culture et du Budget ont fait le jeu de ceux-là mêmes fustigés par ces quelques militants enragés ! Dommage, car la fête de l’Humanité devient bien malgré elle (je veux dire bien malgré ses organisateurs visiblement dépassés par les évènements) la fête de l’inhumanité à force de se « sectariser » ! Dommage enfin, car l’extrême gauche, au lieu de réaffirmer ses valeurs les plus nobles et de tenter intellectuellement d’exister, continue chaque jour de se caricaturer !

Yoann GILLET

Fanny Ardant et Moa...ti !

 

Moment inoubliable sur le plateau de CINEMAS, dans ce tête à tête entre Fanny Ardant et Serge Moati ! Après la Fanny Ardant actrice, découvrez la Fanny Ardant réalisatrice, avec son nouveau film Cendres et sang.

Pour regarder la totalité de l'émission, rendez vous sur france5.fr !

 

Yoann GILLET

26 mai 2009

Yoann Cambefort, un p'tit journaliste "qu'il ira loin" !

Petit hommage à Yoann (Cambefort) !

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Un article qui signe le début de la gloire ? Un petit clin d'oeil, histoire de rire un peu, à travers cet article d'Elisabeth Lévy sur Causeur, à notre journaliste préféré de Direct 8. (L'article est par ailleurs très intéressant, à propos des motivations des chroniqueurs ou des "invités témoins" dans les émissions télévisées)


Salut à toi l'ami,

Yoann Gillet

Donné, c’est volé

Non à la gratuité gratuite et obligatoire !

(Par Elisabeth Lévy)

C’est pas pour vous raconter ma vie, mais, jeudi dernier, j’ai piqué une grosse colère. Et le plus pénible, c’est que c’était contre moi-même (quand on a une contrariété, il est toujours préférable d’avoir quelqu’un à qui s’en prendre). Alors que je m’apprêtais à passer une délicieuse matinée à lire et à traîner, avec en prime la bonne conscience du travailleur, je me suis rappelé avoir donné mon accord pour participer à “La pause d’actu”, émission quotidienne sur Direct 8, au cours de laquelle deux “invités” (qui sont en fait des chroniqueurs) commentent les sujets du jour. Après que Yoann Cambefort, un jeune homme fort bien élevé, m’eut dit sur tous les tons qu’ils tenaient absolument à m’avoir moi et pas une autre, et qu’il adorait ce que je fais (mon célèbre bœuf mironton ?), j’avais piteusement laissé choir mon fromage et oublié mon principe cardinal : pas de travail non rémunéré. Certes, je n’ai aucune raison de mettre en doute la sincérité des jeunes gens talentueux et sympathiques qui sont aux manettes de cette émission, mais enfin je sais ce que c’est : il faut trouver chaque jour deux bonnes poires qui acceptent de perdre trois heures de leur temps, avec, pour seule rétribution, le fait de passer à la télé – et pas exactement sur TF1. Je sais que leurs handicaps de départ – faible audience de la chaîne, faible notoriété des journalistes – les obligent à ratisser large et à être insistants. Il n’empêche que je m’étais laissé faire. Il faut dire que je n’ai pas de chance : les médias sont peuplés de gens qui se feraient hacher menu plutôt que de m’inviter, et justement ce sont ceux qui payent. Mes “admirateurs” ne sont jamais les décideurs-payeurs. Je me demande bien pourquoi mais ce n’est pas le sujet.

J’étais donc, ce matin-là, dans d’excellentes dispositions jusqu’à ce que cet engagement me revienne en mémoire. Quand Clélie Mathias, présentatrice de l’émission avec Emmanuel Pontneau, m’a fort courtoisement appelée pour discuter des sujets que nous allions traiter, j’ai passé à cette malheureuse fille le savon que j’aurais dû m’infliger à moi-même.

– Je vais venir mais je vous préviens, ça me met hors de moi de travailler sans être payée.
– …
– Vous, vous êtes payée, non ?
– Euh… oui, mais moi je suis salariée de la chaîne.

Que n’avait-elle dit là ! Elle a pris pour tous les autres : les présentateurs payés des fortunes qui vous expliquent que pas d’argent1, les jeunes crétins qui vous font comprendre qu’ils vous font un grand honneur de vous inviter sans avoir une traitre idée de la raison de cette invitation, sans oublier tous les confrères qui, à force d’accepter avec le sourire cette exploitation éhontée, ont fini par la faire passer pour normale. Certes, il m’arrive de céder à la vanité ou aux instances amicales d’un confrère, mais au moins je râle – ce qui me procure la satisfaction de provoquer la stupéfaction de mes interlocuteurs.

Morte de honte de m’être (exceptionnellement) laissée emporter, je me suis tenue à carreau sur le plateau ; d’ailleurs, dans son genre, l’émission est préparée avec sérieux et les invités-chroniqueurs y sont fort bien traités. Tant qu’à travailler gratos, autant aider des jeunes méritants.

On me dira qu’il n’y a pas là de quoi s’énerver. Et pourtant si. Parce que la gratuité n’est plus une exception et que, dans certaines activités, elle est même en passe de devenir la règle. Grâce à Internet, elle serait même, s’enthousiasment certains, le fondement d’une nouvelle “culture” – rien que ça. D’ailleurs, en anglais, ça sonne tellement bien : qui pourrait s’insurger contre la loi du “libre” ? Qui oserait mettre en doute la grandeur d’un acte gratuit ?

Les tribulations de la loi Bruni-Hadopi (ainsi rebaptisée par les bons soins d’un ami) ont attiré l’attention du public sur les mauvaises manières faites aux artistes. “La gratuité, c’est le vol”, proclamait il y a un an Denis Olivennes, l’un des initiateurs du texte – dans le cadre d’Ouverture Sans Frontières, sans doute. D’ailleurs, cette plaisante formule que j’aurais bien voulu avoir trouvée avait un seul défaut, qui était justement son auteur ou plutôt la qualité d’icelui (rien de personnel). À l’époque, il était patron de la FNAC et de mauvais esprits auraient pu penser qu’au-delà de ses excellents principes, Olivennes défendait surtout ses intérêts. Il est vrai que la FNAC n’est pas un vulgaire marchand mais un agitateur d’idées. Pas d’histoires d’argent entre nous.

En tout cas, grâce aux hadopistes, l’idée que la création artistique est un travail qui mérite salaire fait son chemin, même dans les jeunes cerveaux les plus embrumés par les substances illicites et néanmoins payantes. Mais tout le monde, à commencer par toi, cher lecteur, continue à trouver absolument normal que, sur Internet, l’information soit cadeau. Sur ce point précis, je ne saurais donner tort à l’admirable Edwy Plenel. Notre résistant éternel, à la pointe du Combat pour une presse libre, titre de l’ouvrage qu’il est venu, vendredi dernier, vendre sur France Inter dans un grand numéro de nopasaranisme, a courageusement choisi un modèle payant pour son site Médiapart, mais apparemment les Français n’aiment pas la presse libre, en tout cas pas suffisamment pour la payer, et le nombre d’abonnés ne semble pas être à la hauteur des espérances plénéliennes.

Tout cela m’a rappelé la remarque aigre et impérative d’un lecteur à propos de la nouvelle formule de notre (superbe) mensuel : “SCANDALEUX de devoir payé pour des articles ! Publier les ici !!!”, écrivait Gwen. On m’accordera qu’il est bien plus scandaleux encore de torturer la langue française de cette façon. Reste à comprendre ce qui a bien pu mettre dans la tête de Gwen l’idée que les articles poussaient tout seuls et qu’il n’y avait qu’à se baisser pour les ramasser comme des fleurs sauvages. Scandaleux de devoir payer ? Eh bien moi, ce que je trouve sinon scandaleux du moins fâcheux, c’est que Gwen trouve parfaitement normal d’avoir accès gratuitement au fruit du travail d’une bonne quinzaine de personnes. Gwen (et tous ceux, bien trop nombreux, qui pensent comme lui ou elle) imagine peut-être que nous sommes des héritiers ou des êtres particulièrement frugaux se nourrissant de quelques dattes par jour et vivant dans des tentes Quechua sponsorisées par Augustin Legrand. Qu’il le sache, à une ou deux exceptions près que je ne nommerai pas ici, c’est tout-à-fait faux. Un article demande autant de travail, qu’il soit destiné à être publié dans un journal ou sur Internet. Et que les collaborateurs de Causeur que nous ne pouvons pas encore rémunérer le sachent, nous n’en sommes pas fiers.

Dans ces conditions, on peut se demander pourquoi nous n’avons pas, conformément à nos grands principes, opté pour un modèle payant. Tout simplement par réalisme. Nous n’allons pas changer le monde avec nos petits bras et nos jolis cerveaux – en tout cas pas si vite. Un site payant eût été condamné d’avance. Puisqu’on trouve pareil ou presque (des mots et des phrases, tout ça) à trois jets d’url sans avoir à débourser un centime.

Contrairement à ce que l’on répète en boucle, pour s’en désoler ou s’en émerveiller, la culture de la gratuité n’a pas été inventée par et pour Internet, elle est au moins aussi ancienne que la radio privée. L’auditeur d’Europe 1, de RTL et de toutes les stations que l’on appelait autrefois “libres” (nous y revoilà) serait sans doute aussi scandalisé que Gwen si on lui demandait de payer pour écouter. Alors, payer pour lire…

Seulement, sur Europe 1 comme sur Causeur, cette “gratuité” est une entourloupe. Quelqu’un paye, et ce quelqu’un est l’annonceur (sur le papier, car pour l’instant, comme Médiapart et comme les autres, nous vivons sur les fonds investis au démarrage). Pour accéder sans bourse délier aux programmes de radio ou aux “contenus” d’un site, le citoyen accepte d’être exposé à des messages publicitaires qui visent à lui faire lâcher de mille manières l’argent économisé sur notre dos.

On me dira, enfin, que c’est la loi du marché et que je n’ai qu’à fabriquer des fanfreluches, des écrans plats ou des produits amaigrissants plutôt que des articles. “Fais des livres qui se vendent”, m’a lancé un jour un médiacrate à qui je me plaignais de mes maigres émoluments. En somme, si les gens ne sont pas prêts à payer, c’est que ce nous fabriquons n’a pas de valeur – la loi de l’offre et de la demande, c’est simple, non ?

Désolée, mais justement ce n’est pas si simple. On ne m’enlèvera pas de l’idée que la valeur qu’une société accorde au travail intellectuel dit, au moins en partie, la vérité sur cette société. Si le public se contente, en guise de journaux, des catalogues de pub que sont les gratuits, tant pis pour lui et tant pis pour nous. Car, dans ce domaine, le rapport de forces entre producteurs et consommateurs est largement en faveur des seconds, c’est-à-dire vous. Sauf qu’à force de croire et de faire croire que ce travail n’a aucune valeur, plus personne ne voudra s’y coller. Et nous serons tous perdants.

Alors, chers amis causeurs, je n’ai qu’une chose à dire. Abonnez-vous, rabonnez-vous !

 

elisabethlevy.jpgÉlisabeth Lévy est journaliste, rédactrice en chef de Causeur.

20 mai 2009

Ripostes spéciale "Européennes"

A ne manquer sous aucun prétexte !

Ripostes spéciale « Européennes » les dimanches 24 mai et 31 mai. Serge Moati réunit autour de la table candidats est représentants des principaux partis présents dans la bataille des élections européennes.
Premier plateau, pour démarrer en beauté : Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), Marine Le Pen (FN), Benoît Hamon (PS), Jean-François Kahn (MoDem) et Olivier Besancenot (LCR) promettent un débat vif, très vif !

Et c’est Ripostes, bien sûr !

Yoann GILLET

30 avril 2009

Génération 18-25 ans : comment sortir du mal-être ?"

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Parce que la nouvelle génération doit se préoccuper de son avenir, renouons avec le débat public ! Je vous convie toutes et tous le mardi 19 mai 2009 au bar l’Annexe, place Jean-Jaurès à Tours, à partir de 19h. Wilfried Schwartz, conseiller municipal de Saint-Pierre-des-Corps, secrétaire fédéral communication PS 37 et Benjamin Philippon, conseiller municipal de Saint-Cyr-sur-Loire, responsable des jeunes UMP 37, débattront avec vous de cette question devenue cruciale en 2009 : "Génération 18-25 ans, comment sortir du mal-être ?". Prévoyez une consommation sur place et surtout n’oubliez pas de venir avec cette furieuse envie de débattre ! A un mois des élections européennes, enrichissons la campagne au-delà des clivages partisans en partageant nos réflexions, en exprimant nos convictions ! C’est à ses débats publics que l’on reconnaît une vraie démocratie ! La parole est à vous, usez-en !

 

Tourangellement vôtre, Yoann GILLET

18 mars 2009

Ca y est, c'est fini ?

Vous avez probablement été nombreux à entendre parler de ce fait divers à Tours, le soir du samedi 7 mars, où la petite place Plumereau, sur laquelle se réunissent les Tourangeaux pour boire un petit verre à toute heure de la journée, s'est enflammée à la suite d'un grand rassemblement, à l'appel d'organisateurs sur facebook. Je ne vais pas vous retracer les faits de cette soirée, si ce n'est qu'il est important de préciser à nouveau que les intentions des internautes à l'origine de cet évènement étaient évidemment festives; un rassemblement "bon-vivant" comme on en compte beaucoup en Touraine. Non, ce commentaire que je laisse sur mon blog est simplement un coup de gueule, contre la récupération, un coup de gueule contre les trublions qui s'emparent de ces manifestations de joie et de bonne humeur pour les transformer systématiquement en rébellion et en affrontement contre les forces de l'ordre.

Les pseudos-rebelles se pseudo-rebellent, et les pseudos-commentateurs pseudo-commentent. Les premiers s'écrient "police partout, justice nulle part" - refrain usé jusqu'à la moelle - lorsque les pompiers, accompagnés de policiers, interviennent "place plum'" pour éteindre un feu de planches allumé au cours de la soirée, au coeur du quartier historique de Tours, dans lequel même les feux de cheminée sont interdits dans ces maisons à colombages ; les seconds, autant pseudos-commentateurs que pseudos-sociologues, expliquent qu'il s'agit d'une manifestation de révolte face à l'omniprésence de la police et de l'ordre. Moi, probablement pseudo-quelque chose aussi, mais certainement sincère amoureux de la Touraine, ne commente, ni ne crie à la dictature, mais condamne fermement l'attitude de ces quelques agités qui se disent toujours prêts à mettre le feu, à engendrer la révolution, et que l'on retrouve dans toutes les opérations de blocages, de protestations, de rébellions, même lorsqu'il n'y comprennent pas grand chose. Et je ne parle que d'un petit groupe de Tourangeaux parfaitement identifiable et identifié, certainement pas des manifestants du quotidien qui, à juste titre, battent le pavé dans une France en crise. A ces quelques grands adorateurs du bordel, qui se revendiquent anarchistes à tout va, faisant se retourner dans sa tombe le pauvre Brassens, je veux dire "c'est fini, oui ?". Toutes les crises d'adolescence sont bénéfiques en ce sens qu'elles permettent au "jeune adulte" de se construire; mais il y en a qui ne s'arrêtent jamais et qui se transforment en révoltes permanentes. Il serait grand temps que ces éternels "ados" en colère en finissent avec leurs conflits intérieurs, ou du moins qu'ils ne les expriment pas violemment dans les assemblées populaires de manières systématiques, et surtout en essayant d'entraîner dans leurs noires angoisses ceux qui aiment passer un peu de bon temps... Rabelais n'aurait  sans doute pas beaucoup aimé qu'en Touraine, on oublie de s'amuser, dans la joie et la convivialité...

Yoann GILLET