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25 avril 2007
URGENT : pour Bayrou, c'est Royal !
François Bayrou manie l'ironie : "Je commence à savoir ce que je ne ferai pas ! [...] Si vous réfléchissez, vous devriez arriver à une conclusion !" Tout au long de la conférence de presse, François Bayrou exprime à peine à demi-mot son inquiétude sur le danger que Nicolas Sarkozy pourrait représenter pour la démocratie française en évoquant "sa façon de gouverner et sa conception du pouvoir", tandis qu'il évoque simplement ses désaccords avec le programme économique de Ségolène Royal. Son discours d'aujourd'hui est clair, le leader de l'UDF appelle ses électeurs à voter librement, tout en leur laissant comprendre que Ségolène Royal serait un moindre danger !
Yoann GILLET
16:30 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Yoann GILLET, UDF, François Bayrou, Paul Amar, Sarkozy, Ségolène Royal
06 avril 2007
Les "essayistes politiques", enjeux sans enjeu !
Vous connaissez tous les essayistes littéraires, ces auteurs d’essais qui construisent leur pensée via l’encre et la plume. Montaigne fût l’un des plus célèbres. Mais connaissez-vous les essayistes politiques ?
Les essayistes politiques sont aussi bien des électeurs que des hommes politiques, des candidats à la présidentielle par exemple. Les essayistes politiques, c’est la catégorie de citoyens qui forge sa pensée et son identité en constante évolution via le vote politique et qui attirera tous les regards lors de ces élections 2007. Les essayistes politiques auront sans doute à porter le poids de la victoire de l’un des prétendants à la présidence de la République. Les essayistes politiques feront pencher la balance au dernier moment, soit à droite, soit à gauche.
Commençons par les essayistes électeurs. Il s’agit de citoyens qui, par rejet et par curiosité, vont offrir leur voix à un candidat inhabituel, parfois même contraire aux idéaux affichés de leur parti de coeur. L’essayiste électeur est animé par au moins deux motivations :
- la perte de repères chez le candidat ou dans le camps qui requiert habituellement son vote.
- le partage de valeurs qu’il croyait exclusif, monopolisé par un parti, par une personne ou par un groupe et qui finalement, selon lui, est mieux incarné par un autre.
L’essayiste électeur, c’est le contraire de l’électeur suiveur, de l'électeur peureux à l’esprit étriqué, de celui qui vote par habitude, par tradition ou tout simplement par autocensure (ce qui est souvent le cas) toujours pour le même parti qui porte ce qu’il croit être ses idéaux inaliénables. Mais l’essayiste électeur, c’est aussi le contraire de l’électeur protestataire, qui va voter contre un système, contre un candidat, contre ses intérêts et contre ses idéaux. L’essayiste électeur, c’est celui qui va rester fidèle à sa ligne de conduite, à ses convictions, mais qui va remettre en question la pertinence de ses valeurs, de son pragmatisme, de sa morale, de ses idées.
Le 21 avril 2002, les essayistes électeurs étaient quasiment absents de la scène politique, laissant la place aux contestataires et aux « malgré eux ». Les contestataires se sont illustrés en grande majorité par le vote Front National et les « malgré eux », pourtant bien responsables de leurs actes, sont les électeurs pince-nez qui ont élu Jacques Chirac à plus de 82%. Nous n’évoquerons pas les désengagés, très absents de la res publica, la chose publique, mais très présents sur la scène politique par leur incroyable record d’abstention au premier tour des présidentielles.
Le 22 avril 2007 sera très différent. Les essayistes électeurs seront bien au rendez-vous, avec un enthousiasme plus ou moins prononcé. Ces essayistes porteront très largement les couleurs de la Droite et du Centre. Il y aura très peu d’essayistes socialistes.
De là, nous pouvons dégager différentes familles d’essayistes :
- Les convaincus libres : ces électrons libres qui ne se sentent pas attachés à un parti en particulier et qui vont tenter le vote Bayrou, qui lui-même pour le coup, dans un discours plus ou moins trouble et confus mais bien reçu par les citoyens, en appelle au rassemblement, au-delà des couleurs et des partis politiques.
- Les convaincus retrouvés : ces citoyens socialistes, épuisés par un trop plein de social qui selon eux a tué l’idéal socialiste de 1936 et qui retrouvent chez Nicolas Sarkozy un certain nombre de valeurs perdues par leur ancienne famille.
- Les convaincus honteux : ceux-là ont trois options et trois visages :
. Soit il s’agit d’anciens UDF qui finissent par penser que cette politique du centre est une chimère
et qui donneront leur voix à Sarkozy, candidat le plus proche de leurs idées initialement de Centre-Droit.
. Soit il s’agit d’anciens UDF qui considèrent aussi cette politique centriste comme une chimère, mais qui voyaient dans la rupture de l’UDF avec la Droite un rapprochement vers le Centre-Gauche. Ceux-là iront alors jusqu’au bout de leur processus identitaire en donnant leur voix à Ségolène Royal (mais ils seront très peu nombreux.)
. Soit il s’agit, et ils seront majoritaires, de socialistes déçus qui veulent marquer leur désaccord avec la politique de Gauche, mais qui n’oseront pas voter pour la Droite libérale de Nicolas Sarkozy et qui feront alors un compromis en votant Bayrou, partagés entre bonne conscience et courage politique, reniement de leurs valeurs de toujours et volonté de redonner à la France une nouvelle impulsion.
Voilà donc le profil atypique de l’électeur de 2007, l’essayiste électeur, qui sera au cœur de la campagne présidentielle. Ne cherchez pas le terme d’essayiste politique dans le dictionnaire, ce concept étant totalement sorti de mon imagination ; vous ne trouveriez que la définition classique de l’essayiste. Mais croyez-moi, le score final entre les candidats ne se jouera que sur ces électeurs. Et les hommes politiques l’ont bien compris, à tel point qu’une nouvelle catégorie est apparue : les essayistes candidats ! Ne me demandez pas qui de l’essayiste candidat ou de l’essayiste électeur est apparu le premier, sinon je vous retourne la question de l’œuf et de la poule.
Ce qui est sûr, c’est que du socialiste de Droite Nicolas Sarkozy à la libérale de Gauche Ségolène Royal, en passant par le radical de Gauche sarkoloo-borzyste Bernard Tapie, la politique subit les effets néfastes d’un lifting raté ! A vouloir se faire une nouvelle beauté sans réfléchir, on finit pas être totalement défiguré ! De la politique à l’apolitique, faites vos jeux, rien ne va plus !
Yoann GILLET
12:00 Publié dans EN DIRECT AVEC LA POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Yoann GILLET, Paul Amar, France 5, Elkabbach, Europe 1, Wendy Bouchard, Laurend Cabrol


